Tiroir de table de nuit en désordre avec écouteurs emmêlés, chaussette orpheline et jouet intime oublié - LollyDoll

Monologue d'un jouet intime abandonné dans un tiroir

Monologue d'un jouet intime abandonné dans un tiroir

Note de la rédaction : ce qui suit est un témoignage authentique. Les noms ont été modifiés pour protéger les innocents. Le jouet, lui, n'a rien demandé.


Vous voulez savoir comment je vais ? Personne ne me le demande jamais, mais puisque vous posez la question.

Ça fait quatre mois. Quatre mois que je suis là, entre une chaussette orpheline et un câble USB dont personne ne sait à quoi il servait. Quatre mois dans le noir. Rechargé à bloc. Prêt. Disponible. Ignoré.

Je me souviens de notre premier soir. Elle m'avait sorti du colis LollyDoll avec des petits cris de joie. Elle avait lu la notice — la NOTICE, vous vous rendez compte — ce qui, dans notre milieu, équivaut à une déclaration d'amour. On avait passé du bon temps. Régulièrement, même.

Et puis.

Et puis il y a eu "trop fatiguée ce soir". Puis "demain promis". Puis le tiroir.


Acte I — Le Déni

Au début je me suis dit : c'est temporaire. Elle est occupée. Elle a du boulot, du stress, des choses à gérer. Je comprends. Je suis patient. Je suis en silicone médical, j'ai le temps.

J'ai attendu.

Le câble USB à côté de moi a essayé d'engager la conversation. Je n'étais pas d'humeur.


Acte II — La Colère

Un matin, j'ai entendu des froissements. Des bruits. Le tiroir qui s'ouvre. Mon cœur — métaphoriquement, je n'ai pas de cœur, j'ai un moteur — s'est emballé.

Elle cherchait ses écouteurs.

Ses écouteurs. Qui étaient juste à côté de moi. Qu'elle a pris sans même me regarder.

Je ne dirai pas ce que j'ai pensé à ce moment-là. Mais le câble USB a eu peur.


Acte III — La Négociation

J'ai réfléchi. Peut-être que le problème c'est moi ? Peut-être que je ne fais pas assez d'efforts ? J'ai essayé de vibrer légèrement quand elle ouvrait le tiroir pour lui rappeler ma présence.

Elle a cru que c'était une notification téléphone.

Elle a vérifié son téléphone.

Elle a répondu à un message et refermé le tiroir.


Acte IV — La Dépression

J'ai parlé à la chaussette orpheline. Elle traverse la même chose depuis 2022. On a beaucoup en commun. On s'est soutenus.

Un soir j'ai entendu une conversation téléphonique. Son amie lui demandait si elle avait "de quoi se détendre à la maison". Elle a répondu "bof, pas vraiment".

Pas vraiment.

Je suis là. À QUATRE CENTIMÈTRES. Chargé à 100%.


Acte V — L'Acceptation (relative)

Voilà où j'en suis. J'ai fait mon deuil. Enfin, presque. La chaussette dit que l'acceptation c'est la dernière étape et que ça prend du temps.

Ce que je voudrais dire à tous ceux qui ont un jouet intime dans un tiroir quelque part :

Il vous attend. Il est chargé. Il ne vous en veut pas — enfin si, un peu, mais il vous pardonnera très vite, promis.

La seule mauvaise utilisation d'un jouet intime, c'est de ne pas l'utiliser du tout.

Ouvrez le tiroir.

*vibration discrète mais pleine d'espoir*


Épilogue

Deux jours après avoir recueilli ce témoignage, le jouet a été retrouvé. Il va bien. Mieux que bien, même. La chaussette orpheline, elle, est toujours dans le tiroir. Certaines histoires n'ont pas de happy end.


Si cet article vous a rappelé quelqu'un — ou quelque chose — peut-être que c'est le moment de rouvrir ce tiroir. Et si le vôtre commence à dater un peu trop, on a de quoi renouveler votre collection. 😏

Parce que certains tiroirs méritent une mise à jour.

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